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Actualités > MGF : La CNDH et Le CFJ renforcent les capacités des acteurs de la chaine judiciaire

La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), en collaboration avec le Centre de Formation judiciaire (CFJ), a ouvert, ce mardi 29 septembre 2026, un atelier de deux jours portant sur le thème : « Session de partage et de renforcement des capacités des acteurs de la chaîne judiciaire sur les droits humains et les dispositions législatives relatives aux mutilations génitales féminines (MGF) ».

La cérémonie d’ouverture a été présidée par Madame Fatou Bintou Ndiaye, représentante du Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, en présence de Monsieur Abdoul Aziz Danfakha, Directeur de la Formation continue du CFJ, et de Madame Amsatou Sow Sidibé, Présidente de la CNDH. Elle a enregistré la participation de représentants du ministère en charge de la Famille, ainsi que des partenaires techniques et financiers, notamment l’UNICEF, l’UNFPA et Action Aid Sénégal.

Réunissant magistrats, avocats, auditeurs de justice et autres acteurs concernés, l’atelier vise à renforcer les connaissances des acteurs sur le cadre juridique applicable aux mutilations génitales féminines, tout en favorisant le partage d’expériences sur les difficultés rencontrées dans le traitement judiciaire de ces pratiques.

Au Sénégal, les MGF sont interdites et réprimées par la législation nationale. Le pays fait également partiede plusieurs instruments internationaux et régionaux consacrant la protection des droits des femmes et des filles. Malgré les avancées normatives, leur mise en œuvre effective continue de soulever des défis, notamment en matière de qualification des faits, d’administration de la preuve, de saisine des juridictions et de protection des victimes.

Prenant la parole au nom du Directeur général du CFJ, Monsieur Abdoul Aziz Danfakha a rappelé que la lutte contre les mutilations génitales féminines est aussi une question de justice et, par conséquent, de formation des acteurs judiciaires.

Il a ainsi placé les deux journées de travaux sous le signe de trois exigences : « qualifier, prouver et protéger ».

D’abord, qualifier les faits avec exactitude dans un contexte où certaines pratiques peuvent être dissimulées derrière des expressions traditionnelles ou des euphémismes. Ensuite prouver, alors que les faits sont souvent commis sur de très jeunes filles, dans le cercle familial, rendant parfois difficile l’établissement de la preuve. Enfin protéger, car la réponse judiciaire ne doit pas seulement sanctionner, mais également elle permet de prévenir les risques, protéger les filles exposées et accompagner les survivantes.

La présence des auditeurs de justice à cette session traduit également la volonté du CFJ de mieux intégrer les problématiques liées aux violences faites aux femmes et aux pratiques néfastes dans la formation des futurs magistrats.

Pour Madame Amsatou Sow Sidibé, Présidente de la CNDH, les mutilations génitales féminines constituent une atteinte grave à l’intégrité physique et psychologique, à la dignité et aux droits fondamentaux des femmes et des filles. Si le Sénégal dispose d’un cadre juridique en la matière, la Présidente de la CNDH a surtout attiré l’attention sur la question de son application effective. Plus de vingt-cinq ans après l’adoption de la législation réprimant les MGF, un écart subsiste encore entre la norme et sa mise en œuvre.

Elle a souligné que la réponse ne saurait être exclusivement juridique. Elle doit également prendre en compte les dimensions sanitaires, sociales, culturelles et communautaires, tout en maintenant la protection des droits fondamentaux comme principe essentiel.

Cette dynamique devrait également se prolonger à travers le renforcement de la collaboration entre la CNDH et le CFJ, avec la perspective de formaliser leur partenariat dans le domaine de la protection et de la promotion des droits humains.

Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du ministre de la Justice, Madame Fatou Bintou Ndiayea rappelé l’engagement du Sénégal dans la lutte contre les mutilations génitales féminines aussi bien à travers son dispositif juridique national qu’à traversles instruments internationaux et régionaux auxquels le pays fait partie.

Elle a notamment rappelé la loi n°99-05 du 29 janvier 1999 modifiant certaines dispositions du Code pénal et introduisant l’article 299 bis, qui réprime les atteintes à l’intégrité de l’organe génital féminin.

Au-delà de l’existence de ce dispositif, elle a insisté sur le véritable enjeu : l’application effective de la règle de droit. À cet égard, les acteurs de la chaîne judiciaire occupent une place déterminante dans l’identification et la qualification des faits, l’appréciation des éléments de preuve, l’application des dispositions pénales ainsi que la prise en charge des victimes dans le respect de leurs droits et de leur dignité.

Le ministère de la Justice n’a cessé de réaffirmer son intérêt pour les initiatives contribuant au renforcement de la protection des droits humains et restera attentif aux recommandations qui découleront des travaux de cet atelier.

Les contributions des acteurs institutionnels, des partenaires techniques et financiers et des organisations de la société civile devront notamment permettre d’approfondir les réflexions sur les réalités sociales et communautaires qui entourent ces pratiques, sans jamais relativiser les atteintes portées aux droits des femmes et des filles.

Au terme des deux journées, les participants devront formuler des recommandations concrètes et opérationnelles et contribuer ainsi à l’élaboration d’une feuille de route destinée à améliorer le traitement judiciaire des cas de mutilations génitales féminines et la coordination entre les différents acteurs concernés.

L’objectif, in fine, sera de contribuer à réduire l’écart entre les textes et leur application afin de garantir aux femmes et aux filles une justice plus accessible, protectrice et respectueuse de leurs droits fondamentaux.

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