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Actualités > Formation initiale > LES MERCREDIS DU CFJ

Le Centre de Formation Judiciaire a tenu ce mercredi 26 novembre sa rubrique hebdomadaire « Les mercredis du CFJ », cette fois ci, elle a été consacrée aux élèves inspecteurs de l’éducation surveillée et de la protection sociale des promotions 2024-2026 et 2025-2027. La rencontre s’est tenue dans les locaux du CFJ et portait cette semaine sur la « Prolifération des structures de prise en charge des enfants : quelle place pour les inspecteurs de l’éducation surveillée ? ».

La cérémonie d’ouverture a été présidée par M. Mafall Fall, Secrétaire général du CFJ, en présence de Mme Coura Mbissane Diouf, Directrice de la Formation initiale, de Monsieur Abdoul Aziz Danfakha, Directeur de la Formation continue et de la coopération et de Mme Jutta Steinmann, Cheffe de projet à la GIZ.

La conférence a été animée par M. Alhassane Ball, éducateur spécialisé à la retraite, en présence d’un formateur de la sous-section Inspecteurs de l’éducation surveillée et de la protection sociale en l’occurrence M. Oumar Ndiaye, inspecteur de l’éducation surveillée du ressort de la Cour d’appel de Dakar.

« Ces dernières années, nous assistons à la multiplication des structures chargées d’accueillir ou d’accompagner les enfants en situation de vulnérabilité », a constaté M. Alhassane Ball. Que ça soit les centres d’accueil d’urgence, foyers classiques, dispositifs communautaires, ONG, structures confessionnelles, familles d’accueil, centres spécialisés, les modèles sont nombreux, les pratiques très diverses et les niveaux de professionnalisation inégaux a-t-il souligné.

Pour l’éducateur spécialisé à la retraite, cette évolution s’explique par plusieurs facteurs que sont : la pression démographique, l’augmentation des situations de vulnérabilité mais aussi l’insuffisance de l’offre publique, qui laisse l’espace vide aux acteurs privés et aux organisations non gouvernementales. A cela s’ajoute la réponse institutionnelle, souvent « sectorisée », protection de l’enfance, justice juvénile, handicap, santé mentale contribue également à la diversité des dispositifs.

Dans son exposé, l’expert explique que cette prolifération n’est pas sans conséquences, à ce propos il a affirmé que : « l’hétérogénéité des pratiques rend difficile la coordination entre acteurs et complique le suivi des enfants », M. Ball a insisté sur le risque accru de violations des droits de l’enfant, nourri par une supervision insuffisante et des inspections trop rares.

Selon le rapport statistique présenté, seuls 32 établissements privés ont été visités en 2023, un chiffre largement en deçà des besoins aux vues de la multiplication des structures. Le manque d’harmonisation des outils de contrôle ainsi que les faibles ressources humaines aggravent ainsi ces difficultés.

L’expert a également abordé les limites actuelles du système, il s’agit des visites qui ne sont pas régulières, un défaut d’harmonisation des outils pour toutes les structures, des problèmes de coordination intersectorielle : Education, justice, santé, action sociale, un manque de formation continue des acteurs sur les droits de l’enfant, les approches, le suivi psychosocial, la gestion des risques : 167 personnes encadrées (structures privées), l’insuffisance du personnel entre autres limites.

Face à ses défis, l’éducateur spécialisé a rappelé la place stratégique des inspecteurs de l’éducation surveillée, dont le rôle reste central pour garantir la cohérence, la qualité et la protection des enfants dans un paysage devenu « fragmenté ».

Cette rencontre a permis aux élèves inspecteurs de l’éducation surveillée de mesurer l’ampleur des enjeux liés à la prise en charge de l’enfance. Des recommandations ont été également faites pour renforcer le contrôle, améliorer la coordination et professionnaliser les pratiques afin de mieux protéger les enfants.

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