
Le Centre de Formation Judiciaire (CFJ) a ouvert ce lundi 13 avril dans ses locaux, une Conférence Internationale sur le thème : « La justice pénale face aux nouveaux défis de la délinquance et de l’intelligence artificielle : entre innovations et respect des droits fondamentaux ». L’activité qui se déroule sur deux jours a pour objectif de réfléchir, d’échanger et d’analyser des réponses adaptées face aux mutations contemporaines de la délinquance et aux défis que pose l’intelligence artificielle à la pratique judiciaire. Il s’agit aussi de réfléchir sur les voies et moyens pour maintenir l’équilibre entre efficacité de la justice et respect des droits fondamentaux.
La cérémonie a été présidée par Monsieur YakhamLèye, Directeur des affaires criminelles et des grâces, Représentant le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, en présence de Monsieur Souleymane Teliko, Directeur général du Centre de Formation Judiciaire.
Dans son allocution de bienvenue, Monsieur Souleymane Teliko a mis en exergue la double mutation à laquelle la justice est confrontée :l’évolution rapide de la criminalité face à la révolution technologique. Evoquant l’ampleur des défis, il a souligné que : « le délinquant d’aujourd’hui opère souvent sans frontières, depuis un écran et à des milliers de kilomètres de ses victimes », rendant les outils juridiques classiques parfois inadaptés.
Face à cette réalité et s’inspirant du proverbe : « Quand le vent du changement se lève, certains construisent des murs, d’autres des moulins à vent », il a invité les acteurs judiciaires à faire le choix de l’adaptation et de l’innovation.
Il a également insisté sur la nécessité de faire évoluer les pratiques judiciaires, en intégrant notamment de nouvelles approches comme la justice restaurative(restauratrice), de tirer parti des opportunités offertes par le numérique et l’intelligence artificielle, tout en veillant au respect strict des principes fondamentaux du procès équitable.
Prenant la parole au nom de Madame le Ministre de la Justice, Monsieur Yakham Lèye a salué l’initiative du CFJ, qu’il a qualifiée d’engagement fort face aux mutations profondes que connaît la justice contemporaine.
Insistant sur la dimension humaine de la justice, il a marqué l’auditoire par une mise en garde claire face aux dérives possibles d’une justice trop technicisée : « Aucun algorithme ne peut porter cette responsabilité à notre place. Aucune machine ne peut remplacer la sagesse du juge, la rigueur de l’avocat, l’exigence du procureur ».
Il a ainsi rappelé que, malgré l’essor des technologies, la justice demeure avant tout une œuvre humaine, fondée sur la responsabilité, la conscience et les valeurs fondamentales.
Tout en reconnaissant l’apport de l’intelligence artificielle dans l’analyse des données et l’amélioration de l’efficacité judiciaire, il a insisté sur la nécessité de préserver les principes essentiels, notamment l’équité, la présomption d’innocence et la protection des droits de la défense.
La conférence réunit magistrats, universitaires, experts et praticiens venus de divers horizons pour échanger sur les mutations de la pratique judiciaire, la coopération internationale face à la criminalité organisée, ainsi que les réponses innovantes à apporter dans un contexte en constante évolution.
