
L’application du droit pénal international par les juridictions nationales est au cœur d’un atelier de formation qui s’est ouvert ce lundi matin au Centre de Formation Judiciaire (CFJ). L’atelier qui se tient du 7 au 9 juillet est organisé par l’École supérieure Sant’Anna de Pise en collaboration avec le CFJ. L’événement vise à renforcer les compétences des professionnels de la chaîne pénale pour une mise en œuvre plus efficace des normes du droit pénal international dans le système judiciaire sénégalais.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par Monsieur Yakham Léye, Directeur des Affaires criminelles et des Grâces (DACG), représentant leMinistre de la Justice, Garde des Sceaux, en présence de l’ambassadrice d’Italie au Sénégal et du Directeur général du CFJ, Monsieur Souleymane Teliko.
Dans son discours d’ouverture, Monsieur Léye a rappelé l’engagement du Sénégal dans la lutte contre l’impunité à l’échelle mondiale. Premier pays africain à ratifier le Statut de Rome portant création de la Cour pénale internationale (CPI), le Sénégal a également accueilli les Chambres Africaines Extraordinaires (CAE) qui ont permis de juger l’ancien président tchadien Hissène Habré. Il a également souligné la coopération active du pays en matière pénale avec les États du monde entier.
Il a précisé que « Notre pays a ratifié toutes les conventions internationales pénales et a contribué à l’élaboration de la Convention Ljubljana-La Haye, adoptée en 2024, pour renforcer la coopération internationale dans la poursuite des crimes les plus graves ». Il a également annoncé la finalisation d’un projet de loi sur la coopération pénale internationale, intégrant des mécanismes adaptés à l’évolution de la criminalité internationale.
Malgré ces avancées, Monsieur le représentant du ministre de la Justice a reconnu que le droit pénal international demeure peu appliqué par les juridictions nationales. À ce propos, il ajoutera que : « L’analyse des statistiques, reçues des parquets,révèle une application encore timide de ces normes. Il faut admettre que les cas d’invocation de ces règles devant les tribunaux restent rares ». D’où la nécessité de renforcer la sensibilisation et la formation des acteurs judiciaires.
Dans son allocution, Monsieur Souleymane Teliko a souligné la pertinence du thème abordé. Selon le Directeur général du CFJ, « Le droit pénal international représente l’expression de la volonté collective des nations de lutter contre l’impunité des crimes les plus graves : génocide, crimes de guerre, crimes contre l’humanité ». L’effectivité de ce droit dépend d’abord des juridictions nationales, car « Ce sont elles qui, en première ligne, ont la charge de faire vivre ces normes dans le respect des droits fondamentaux ». Il a exprimé l’espoir que cette session de formation permettra aux participants de mieux maîtriser le cadre juridique de la répression des crimes internationaux, ainsi que les techniques d’incrimination, les mécanismes de justice transitionnelle et les dispositifs de protection des victimes.
Cet atelier constitue ainsi une étape importante dans le renforcement de la capacité du Sénégal à traduire ses engagements internationaux en action judiciaire concrète, affirmant une fois de plus sa place première dans la lutte contre l’impunité à l’échelle mondiale.
