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Actualités > Formation continue > ATELIER A KAOLACK : LES MAGISTRATS ET FORCES DE SECURITE OUTILLÉS CONTRE LA CRIMINALITÉ FINANCIÉRE

Le Centre de Formation Judiciaire (CFJ) a démarré, ce jeudi 12 juin à Kaolack, un atelier de renforcement de capacités portant sur « Les investigations en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ». Le séminaire qui se déroule du 12 au 13 juin à l’hôtel Relais de Kaolack vise à renforcer les compétences des magistrats, ainsi que des forces de défense et de sécurité impliqués dans le traitement du contentieux économique et financier.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par Monsieur Waly Faye, Premier Président de la Cour d’appel de Kaolack, en présence de Monsieur Souleymane Teliko, Directeur général du CFJ, et de Monsieur Youssoupha Diallo, Procureur général près la Cour suprême de Kaolack.

Dans son allocution, le Directeur général du CFJ a mis en lumière les enjeux cruciaux liés à la criminalité financière. Il a souligné que « La criminalité transnationale organisée connaît aujourd’hui une croissance inquiétante, tant par son ampleur que par sa complexité. Qu’il s’agisse du trafic de drogue, d’armes ou d’êtres humains, ces activités génèrent des flux financiers massifs qui menacent la stabilité économique, les institutions publiques et la sécurité de nos États ».

Il a ajouté que si ces flux illicites ne sont pas efficacement identifiés, poursuivis et sanctionnés, ils continueront de miner les investissements étrangers et de compromettre les efforts de développement.

Lors de son discours, le Premier Président de la Cour d’appel de Kaolack a insisté sur la gravité des phénomènes de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme. Il a relevé que : « Blanchir les capitaux, financer le terrorisme… deux activités criminelles majeures, dévastatrices, qui ont contraint nos États, en Afrique de l’Ouest, à adopter des mécanismes de lutte pour en éradiquer les causes, freiner les effets, sécuriser les flux financiers et en assurer la transparence ».

Dans ce cadre, Monsieur Souleymane Teliko a rappelé que les États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont mis en place un dispositif juridique et institutionnel harmonisé, en accord avec les recommandations du Groupe d’Action Financière (GAFI).

Monsieur Waly Faye a aussi salué les avancées réalisées au Sénégal, notamment l’adoption, en 2024, d’une nouvelle loi sur la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT), en remplacement de celle de 2018. Il a également évoqué la mise en place d’institutions spécialisées telles que la CENTIF, l’OFNAC, l’ONRAC, ainsi que la création du Pool judiciaire financier (PJF), institué par la loi n°2023-14 du 2 août 2023.

Toutefois, malgré ces progrès, des insuffisances persistent. Elles s’articulent autour de la lenteur des procédures, de la coordination insuffisante entre acteurs, des faibles taux de condamnation ou de confiscation des avoirs criminels. C’est pourquoi, selon le Procureur général près la Cour suprême de Kaolack, cet atelier « doit permettre aux praticiens du ressort de Kaolack d’acquérir des outils concrets en vue d’un traitement judiciaire plus efficace de ces infractions complexes ».

Le Centre de Formation Judiciaire entend poursuivre cette dynamique de renforcement des capacités à travers tout le pays. De telles initiatives témoignent de la volonté des autorités judiciaires de doter les professionnels du droit et des forces de sécurité des moyens nécessaires pour faire face aux défis croissants de la criminalité financière. Un enjeu stratégique, à la fois pour la stabilité économique du pays et la préservation de la sécurité nationale.

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